Consommation…

 

Suite à l’article d’Armalite sur la déconsommation et ses habitudes de consommation, je me suis posé pas mal de questions à mon tour.

Alors que mon blog est clairement un blog que l’on pourrait qualifier « de consommation » dans le sens où je passe la plupart de mon temps à partager ce que j’aime, les bons plans, les coups de coeur, etc. Je réalise que je ne suis pas moi-même une grande consommatrice « modèle ».

J’entends par là que même s’il est clair que la plupart des produits que je présente ici, je les ai (quelques-uns reçus en test mais la plupart, je les achète moi-même), je ne croule pas pour autant sous une garde-robe envahissante. Alors que le blog peut donner une image de moi telle une Carrie Bradshaw s’endettant sans réaliser le fric qu’elle a laissé dans ses chaussures de marque, je mets un point d’honneur à n’acheter que si j’en vois un intérêt…

A l’exception faite peut-être… Du maquillage et des produits de soin (lalalaaaaaaa innocent…). Mais là encore, j’ai certaines bonnes raisons et jamais rien ne reste inutilisé longtemps. Tout d’abord, j’ai sans doute décidé d’investir plus dans le maquillage et les soins parce qu’ils ont une plus grande résistance au changement des saisons. Vous allez me dire que MAC s’amuse à faire un nombre dingue de collections illimitées, ou encore que les marques de luxe s’amusent à sortir des collections automne-hiver puis printemps-été… Mais il n’est jamais impossible de pouvoir les utiliser à nouveau d’année en année et ce, en adaptant le maquillage, son intensité, etc. Deuxièmement, le maquillage ne bouge pas à la machine, ne s’use pas comme certains vêtements à cause du frottement des sacs, ne prend pas la forme de nos coudes et convient à absolument toutes les tailles.  Finalement, le maquillage, c’est un peu comme une fringue réversible. En gros, avec un ou deux neutres et une ou deux couleurs plus intenses, on peut avoir une foultitude de possibilités pour des maquillages de jour comme de nuit. Il peut donner un look totalement différent à quelqu’un qui sera habillé de basiques des pieds à la tête. Bref, sur le long terme, à mon sens, le maquillage propose beaucoup plus qu’une fringue.

Pour ce qui est des soins, vu la sensibilité de ma peau mixte à l’extrême et fine comme de la soie, je n’ai pas vraiment le choix. La peau de mon corps subit n’importe quelle agression à l’extrême et il m’est donc nécessaire d’en prendre soin… Dixit la dermato. Je dois donc hydrater correctement et utiliser les produits adéquats. L’avantage c’est que mon corps me dit aussi tout de suite si un produit me convient ou pas. J’évite donc les produits trop cher de marques de luxe et essaie de trouver une bonne tape dans ceux de pharmacie. Le « test » est une étape indispensable et je suis souvent surprise de trouver de la meilleure qualité là où je ne m’y attends pas (oui, je suis toujours sous le charme du shampoing des « Cosmétiques Design Paris » gnark gnark gnark!). En gros, je fouine sans cesse mais sans me laisser impressionner par la renommée d’une marque. Cela dit, je suis aussi prête à investir si le produit en vaut la peine.

Pour ce qui est des accessoires, il en est généralement de même mais sans doute à moindre échelle. Tout comme pour le maquillage, les accessoires ont la capacité de booster beaucoup de vêtements basiques. Cependant, ils sont un peu plus soumis aux saisons. J’essaie donc de les choisir soit « très fashion » mais alors pas trop cher, soit dans des modèles qui restent originaux mais avec une plus grande capacité à traverser le temps.

Etrangement, c’est dans les fringues et les chaussures que je consomme le moins… Enfin, jusqu’à présent… J’ai eu une passe de quasi 4 années où je n’ai acheté que des basiques. Très peu de vêtements qui appartenaient aux tendances, beaucoup de jeans, de T-shirts, de gilets très basiques aussi… Ceci s’explique sans doute par la mode des pantalons taille basse qui ne m’allaient pas (en tous cas, pas au début, depuis, les modèles ont évolué… Encore heureux), le fait que j’emménage et que je vive seule, que j’avais d’autres priorités (payer les factures…),…  Et puis il est difficile de se tromper en ayant un basique. Le basique, c’est la solution de facilité, tout va toujours à tout le monde et avec tout. Le basique, c’est magique. Chaque achat a toujours été réfléchi pour qu’il remplisse une nécessité. Et si vous avez du mal à me croire, sachez qu’à la fin de la semaine, je passe un jour à me dépêcher de faire mes lessives en jogging afin d’avoir des vêtements à me mettre la semaine d’après. Le jour des lessives, c’est simple, je ne peux pas sortir: je n’ai plus rien à me mettre. Il en va de même pour les chaussures qui doivent en être à 4 paires (deux plates, deux talons) pour l’hiver et 4 pour l’été (2 paires d’Havaïanas, une paire de ballerines et une paire de talons). Et je ne vois clairement pas la nécessité d’en avoir plus. Comme pour les fringues, je les use jusqu’à la moëlle et l’achat d’une nouvelle paire devient… Une nécessité mais surtout pas un caprice. En fait… Si, je vois l’utilité d’en avoir plus mais il semble que je reste une indécrottable terre-à-terre et que le réalisme me rattrape avant même que l’idée ne me vienne à l’esprit. Je n’ai pas le portefeuille d’une rentière, je vis seule dans un pays qui avance en crise et je crois qu’il est aussi important d’avoir une vie sociale et de continuer à s’intéresser à de la culture (concerts, achats de CD, visites,…).

Pour le reste, je pense aussi être raisonnable. Je fais généralement attention à ma consommation en sortant, je me permets quelques restos mais rien qui ne soit déraisonnable, j’aime m’offrir un traiteur, une gaufre ou un vernis quand j’ai la flemme ou le moral à plat sans que ça ne devienne quelque chose de systématique… Et j’estime que j’y ai bien droit. Etre une femme, vivre seule et vouloir conserver son indépendance à tout prix est aussi quelque chose qui peut être éprouvant et franchement, s’octroyer de temps en temps du bon temps – activité d’ailleurs souvent condamnée par ces couples plan plan à qui tout sourit, sans défaut et dont on attend le divorce avec un sourire non dissimulé-, j’estime cela vital.

J’ai aussi une attitude qui doit sans doute aller à contre-courant de beaucoup de femmes. Je n’aime pas acheter mes fringues en ligne ou très peu. Trop peur que ça tombe mal, que ça soit mal coupé, que la qualité ne soit pas au rendez-vous, etc. C’est déjà assez dur de trouver son bonheur quand on ne fait pas du 36, on ne va pas se saper le moral volontairement non plus. Je regarde aussi le prix avant d’essayer la plupart de mes vêtements histoire de ne pas être trop tentée. Même si je fais des exceptions, le choix se fait souvent après de nombreux retournages de cerveau où je passe en revue ma garde-robe entière afin de savoir si la pièce peut être facilement portée ou si c’est un caprice (et bien entendu, je fais attention à la matière). Mais en règle générale, si le prix est excessif comparé à ce que je dois encore assurer pour vivre, j’arrive à vite oublier le vêtement, la chaussure, ou l’accessoire et m’empresse d’aller payer la facture oubliée.

De même pour l’attitude que j’ai en magasin dit « physique ». Je n’aime pas flâner ou alors je vais très vite. Je me souviens encore de la tête béate d’un ami m’accompagnant à Maastricht qui m’a dit, après avoir passé plus de temps à boire des bières spéciale qu’à faire les boutiques « je n’ai JAMAIS vu personne faire les boutiques aussi vite que toi! ». J’aime aller droit au but, je déteste passer des heures en cabine, je déteste les gens qui font les rayons trèèèèèèèèèèèèès lentement et je n’ai pas non plus envie de leur imposer ma vitesse sur une trop longue période de temps. Si après un, maximum de deux essayages cabine, je ne suis pas persuadée, je laisse tomber l’affaire. Je suis persuadée qu’on achète mieux la tête vide. Le dépit et la frustration, en tous cas chez moi, n’ont jamais donné lieu qu’à des achats que j’ai regrettés. Je reviendrai une autre fois et ferai d’autres choix. Mon portefeuille s’en portera bien.

Je crois que tout cela s’explique par beaucoup d’éléments de mon passé. Sans doute marquée par un divorce et une vie qui a radicalement changé, une mère qui a dû assumer beaucoup plus que ce à quoi elle était prête et faire constamment attention à chaque cent dépensé du jour au lendemain, une partie de ma vie sans vacances (encore maintenant), travailler pour payer mes minervals et faire une croix sur un DEC en métier du livre parce que j’avais réussi un cycle d’étude et que je sentais que ça suffisait ainsi, je ne pouvais plus rester un « boulet financier…

Cela dit, maintenant que je suis sur le point de devenir propriétaire, j’en profite pour justement me lâcher. Et je trouve ça très drôle. J’ai sans doute acheté beaucoup plus ces deux derniers mois que sur toute l’année passée (ce qui, au vu de ma consommation… N’est vraiment pas difficile). Puisque je veux un peu agrémenter mes basiques de pièces plus féminines, j’en profite avant que ne tombe sur moi le couperet des remboursements mensuels et je continuerai sans doute mais à une vitesse moins grande et en restant toujours raisonnable une fois que j’occuperai mon futur chez-moi.

Et vous, comment consommez-vous? Etes-vous ou avez-vous été influencé(es)s par des éléments de votre vie? Ou au contraire, êtes-vous totalement boulimique de l’achat, est-ce une compensation ou une manière de vous sentir bien, de passer du bon temps?

7 réponses sur « Consommation… »

  1. Je ne l’avais pas encore envisagé sous l’angle « historique », mais oui, cela a certainement eu une influence. Même si mes parents m’offraient pas mal de choses, ma mère avait un côté très avare et des règles un peu strictes, genre uniquement des livres de poche, pas d’inscription dans un videoclub vu que ça passera à la tv, pas de fanfreluches de mauvaise qualité…. et donc dès que j’ai eu mon premier salaire, je me suis offert certaines choses auxquelles je n’avais pas droit, les livres en grand format étant l’essentiel. Mes achats parfois plus frénétiques au moment des soldes sont peut-être dus à ça aussi: c’est moins cher, donc il faut en profiter.
    Pour le reste, je sais que je fais aussi des achats compulsifs, mais je tente de les limiter. Ne pas sortir de chez soi est un bon moyen. Je n’ai plus vraiment été faire de shopping dans le centre ville depuis les soldes de juillet (sauf une fois, mais accompagnée de diane, ça ne compte pas vraiment parce qu’il faut faire vite). Demain, je m’autorise une virée au shopping de Woluwe parce que j’ai vraiment besoin d’un nouveau peignoir, et on verra si je trouve autre chose, ce qui est assez peu souvent le cas dans cet endroit (ah zut, un MAC a ouvert !).

    1. Je reste persuadée que tous nos comportements sont majoritairement influencés par beaucoup de choses qu’on ne soupçonne pas oui. Dans les deux cas, on est imprégnés. Après on abonde dans le même sens à l’extrême… Ou dans l’autre 🙂 De ça, je ne pense pas qu’il faut en culpabiliser tant qu’on en a conscience, c’est l’essentiel, on sait freiner quand il faut alors.

  2. Ça me fait bien marrer, ces gens qui prônent la décroissance : j’ai l’impression qu’ils ne se rendent pas du tout compte qu’énormément de gens déjà vivent selon ces préceptes, non pas par choix, mais par nécessité http://mademoisellecatherine.blogspot.be/2008/09/e-consommation.html
    En lisant le « plan d’action » d’Armalite, je ne peux m’empêcher de rire doucement : c’est exactement la façon dont je vis, et ce toute l’année…
    Et je ne m’en sens pas plus vertueuse pour autant.

    1. J’espère bien que tu laves tes fringues de temps en temps (avec des noix?^^) 🙂

      Pour Armalite, je comprends ta réaction et son action peut en effet vue être ainsi. Cela dit, elle a une vie de couple qui lui permet plus qu’une vie de célibataire et elle aurait bien raison d’en profiter. Si je n’avais pas ces réflexes de penser à un achat comme quelque chose d’avant tout utile, je ferais de même qu’elle. Avec le temps, mon salaire a augmenté et je me permets aussi plus de choses qu’avant (un restaurant genre… Ouaw…). Maintenant, si mon rythme de vie changeait, disons que je tombe au chômage, il me serait évidemment difficile de m’adapter même en ayant de bons réflexes. Ce que je veux dire par là, c’est que même si sa démarche peut paraître une recherche de bonne conscience, je salue le fait qu’alors qu’elle a justement le choix, elle essaie de voir si elle est capable d’  » éco-régresser ». Maintenant, ça a peut-être été amené de manière maladroite (ou je vis dans le pays des bisounours) envers des personnes comme toi et moi mais l’intention n’est pas mauvaise.

      D’un autre côté, si je me mettais à vivre en couple, je ne crois pas que je m’achèterais beaucoup plus en fait. C’est tellement ancré en moi… Je crois que j’achèterais « mieux » dans le sens où je me permettrais d’aller vers du plus éthique au lieu de systématiquement aller chez H&M par manque de sous pour le reste (et je fais attention à acheter des fringues qui tiennent chez H&M, des fois, il y en a) et de la meilleure qualité. Sans doute plus de créateurs, par exemple. J’arrêterais d’alimenter de la fast fashion au profit de maisons indépendante… Mais à voir le prix des fringues dans les magasins de la rue Dansaert, c’est pas pour demain la veille 🙂

      1. Je te rejoins sur le fond, et d’une certaine manière, je ne vais certainement pas me plaindre d’une prise de conscience en ce qui concerne la décroissance. En ce sens, la démarche d’Armalite a le mérite d’exister.
        Ce que je déplore, c’est d’obsolescence programmée de son expérience. C’est comme quand quelqu’un se met au régime : se priver pendant un mois pour revenir à ses anciennes habitudes, ça me semble vain 😉
        En outre, un pouvoir d’achat accru permet clairement de consommer moins mais mieux : alimentation bio, produits issus du commerce équitable, achats favorisant les petits commerces et autres sont bien souvent hors budget pour les revenus les plus modestes. Sans oublier, si l’on est propriétaire, les travaux d’aménagement évitant les pertes d’énergie.

  3. D’où l’envie chez moi d’apprendre à coudre ! Le tissu est parfois cher mais au moins je le choisis moi-même et c’est moi qui décide du modèle, pas H&M ou la rue Dansaert (d’ailleurs je n’aime pas trop les vêtements actuels).

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