Les uns… Et les autres.

Source: madzooka
Source: madzooka

J’ai toujours eu deux humeurs contradictoires et dominantes selon mes dispositions et les situations dans lesquelles je me trouvais.

Si je suis en petit comité avec une majorité de personnes que je connais (petit comité veut dire qu’il ne dépasse plus de 3 à 5 personnes), je parle facilement et aisément. Je peux aussi facilement faire connaissance avec des gens en attendant que ma boisson arrive à un bar ou dans une file d’attente pour peu que ces personnes se limitent à… 1 et que la situation s’y prête. La relation est alors unique, on ne sait pas qui est l’autre, presque aucun à priori ne vient voiler la conversation spontanée et puis ça détend assez facilement l’atmosphère en attendant que l’espèce d’idiote qui fait tous ses virements se dépêche de finir sous peine d’assassinat collectif.

Quand je suis dans un groupe plus large, composé d’une majorité de gens que je ne connais pas ou dans un endroit bruyant (ou les 3 en même temps), là, je suis en mode « huitre professionnelle ». Et c’est là que tout devient très intéressant. Contrairement à d’autres, je déteste attirer l’attention sur moi lorsque je ne connais pas trop de gens. J’inverse la vapeur et je me tapis, je reste dans l’ombre et j’observe. Je garde une certaine distance de tout et de tous mais je garde les yeux et les oreilles grands ouverts. Je me sens un peu comme un prédateur qui attend un dérapage, une seconde d’innatention pour la capturer et la mettre discrètement en boîte (la seconde d’innatention, pas la proie hein).

Alors que d’autres font le travail de conversation à ma place, je peux me concentrer sur l’attitude corporelle, le débit de parole, les tendances à la frime ou pas, les conneries que certains peuvent lâcher dans le but d’épater une nouvelle connaissance  (ça, c’est grandiose, on ne réalise pas à quel point les gens peuvent déblatérer des bêtises en ayant l’air sûrs d’eux. Lamentable…), etc. D’autres encore, vont tenter de se mettre en avant en étalant un savoir ou une culture soigneusement choisie en fonction de leur audience. Et le travail de sélection qui semble être surprenant, allez savoir pourquoi, ne l’est pas du tout à mes yeux. Il suffit de voir le cadre dans lequel on fait connaissance avec quelqu’un, sa manière de s’habiller et quelques petites infos vite soutirées pour pouvoir choisir. Soit, ça fait apparemment toujours son effet. Moi, il m’en faut plus.

Bref, tout cela inclut qu’il m’en faut plus pour faire connaissance. J’attends, après avoir observé, que la situation m’oblige à parler à ces nouvelles connaissances. Le hic, c’est qu’en ayant tant observé, j’en sais déjà beaucoup et je n’ai pas besoin de poser de questions habituelles ou de me lancer dans un étalage de culture qui, de toutes façons, me hérisse les poils.

Ce qui m’intrigue, c’est qu’en mettant en parallèle les relations humaines avec la société de consommation dans laquelle on vit, je réalise que je me mets de plus en plus à l’écart et constate que les relations se consomment souvent comme le dernier IPad déjà bientôt dépassé par son futur successeur. Beaucoup étalent ce qu’ils savent non pour partager mais pour impressionner, mangent les gens qu’ils peuvent, accrochent les gens uniquement par intérêt, bref, se consomment l’un l’autre de plus en plus superficiellement. Le pire dans tout ce processus, c’est que beaucoup sont dupes et rentrent malgré eux (?) dans ce système.

Vous allez me dire qu’en étant constamment en observation, je vis sans doute moins de choses et que je ne garde que la place sécurisante et sécurisée du critique frustré. Ce que je comprendrais sauf que non. Tout simplement parce qu’il suffit de pousser un peu plus loin mais pour cela, il faudrait faire un peu plus d’effort qu’un étalage de culture que je connais déjà. Et ça… Pffffiouuuuuu… C’est FA-TI-GUANT! Alors qu’il faut tellement moins de temps pour avoir une conversation drôle et sans trop de substance avec tellement d’autres gens. Parler de sujets bateau dont on fait semblant d’ignorer l’issue que chacun connaît par coeur (oui… les hommes et les femmes ne sont pas les mêmes…/ oui, la guerre c’est mal/ oui l’amour existe… ou non l’amour n’existe pas… blablabla…). S’impliquer sans trop s’impliquer. Parler de soi sans parler de soi. Toucher les choses du bout des doigts mais surtout, ne pas se salir en poignant dedans.

J’observe des fois à un point tellement extrême que je n’ai pas besoin d’approcher les gens de trop près pour savoir les cerner totalement. Il y a des personnes qui se rendent des fois tellement transparentes que si elles se baladaient à poils en rue, ça en serait moins surprenant. On ne parle pas d’intentions qui deviennent tellement faciles à anticiper qu’on en devine vite le but.

Un avantage à cela est que je peux trier sans trop m’égratigner. A force on reconnaît vite les gens qui ne discutent que par intérêt en fonction des gens qu’ils approchent ou n’approchent pas. C’est généralement au moment où je réalise ce qu’ils sont que l’on peut me voir (ou pas) disparaître discrètement et me retirer d’un groupe très rigolo mais bon… Des gens sur lesquels je ne pourrai jamais compter sauf peut-être pour me tourner le dos au moment où je ne présenterai plus « d’intérêt » à leurs yeux. Vous faites comme vous voulez mais j’aime tirer ma révérence avant qu’on ait tenté « d’exploiter » ce que mon « réseau » propose.

Tout ça pour dire que même si c’est intéressant d’avoir un tempérament d’observateur plutôt que d’instigateur, il n’empêche que constater tout ça est fort triste… D »autant plus décevant lorsque, parfois, on réalise que des gens de son entourage tombent quelques fois bêtement dans le piège de la superficialité relationnelle en pensant que quelque chose de génial (pire encore… d’exceptionnel) se profile.

Ouvrez vos yeux les gens. La plupart du temps, nous ne sommes tous que des « moyens » pour arriver à des fins qui ne sont que peu souvent les nôtres. Critiquer certains parce qu’ils suivent la mode comme des petits moutons, c’est une chose. Suivre les affluences de groupes et de personnes à connaître parce que c’est ainsi, je pense que c’est encore pire crime. Moi je mettrai du carrot pants ou encore des marinières mais je choisirai mon entourage en suivant mon coeur et garderai mon esprit critique au moins.

*Aidez-moi d’ailleurs… J’ai résisté à la marinièrite aigüe ces dernières années mais là, je sens des symptômes sérieux envahir mes fonctions vitales… En fait non, je n’ai pas envie d’être guérie je pense.*

 

5 réponses sur « Les uns… Et les autres. »

  1. Oui vive les huitres professionnelles ! ^^
    J’en suis une aussi. Quand je suis en petit groupe et que je connais suffisamment les gens, je me lâche car je sais à quoi m’en tenir ; par contre dans des groupes plus imposants où je ne connais quasi personne, j’observe d’abord. Je n’aime pas particulièrement me mettre en avant et comme tu dis les sujets « bateau » iPad Iphone… je n’ai qu’à faire un tour sur le sit d’Apple pour me mettre au courant 😉 et puis ils m’agacent tellement ces gens qui pensent tout savoir alors qu’ils ne font que répéter ce que d’autres ont déjà dit deux heures plus tôt.
    Observatrice power 😉

    Pour la marinière… euhh j’y ai déjà cédé l’an passé : un petit pull à manches courtes classique.

    1. En observant il y a déjà une très grosse partie du « boulot » qui est faite. Le problème se pose quand l’autre s’adresse à toi sans te connaître du tout et que toi, t’as déjà des questions un peu plus profondes à lui poser. Certains peuvent être décontenancés et ça, je le comprends. En attendant, ça m’emmerde de passer par la case « questions bateaux » alors je laisse le temps faire les choses et commence à l’ouvrir quand c’est plus approprié. Ca permet aussi de faire un tri entre ceux qui restent dans le superficiel et ceux qui creusent sans jamais vraiment devoir faire grand chose pour les « démasquer » 🙂
      Ca fait 2 ans que j’en ai mais là, j’ai une obsession inattendue… LE MAL! 🙂

  2. Je fais des sauts de puces sur ton blog ces temps-ci, le trouvant bien sympathique!
    Ce post me parle beaucoup… En général, j’essaye de manoeuvrer entre capacité d’observation et huître (intransigeante les mauvais jours), de ne pas me laisser avoir par les travers de ce qui est au départ un plus dans la vie courante (si si si).
    Bises en passant!

    1. Bienvenue par ici Ness! Oui, je suis aussi intransigeante quand je fais l’huitre mais je pense qu’à force d’observer, tu cernes plus vite les défauts ou les faiblesses des gens. Je pourrais, je pense, rendre très malheureuses certaines personnes qui pensent que le paraître cache une personnalité creuse ou perdue mais je me retiens… Des fois c’est dur, d’autres fois ça sort même tout seul. 🙂

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